Les joueurs du placard

#3 Ruud Gullit, la Tulipe Noire

Le colosse aux pieds d’artiste

Après un jongleur de la tête et un dribbleur magique aux jambes arquées, votre rubriques « Les joueurs du Placard » traverse l’atlantique pour une arrivée inédite en Europe. Pardonnez-nous messieurs les sud-américains, mais vous n’avez ni le monopole du cœur ni celui des surnoms dans le football et pour ceux qui ne le connaisse pas, voici Ruud Gullit, dit « La Tulipe Noire ». De la tulipe il a l’élégance, la grâce, mais certainement pas le spectre, mesurant 1m90 pour 85kg, on le considère alors comme un véritable colosse.

Libéral puis milieu offensif, le néerlandais est pourtant l’un, si ce n’est le meilleur joueur hollandais de tous les temps. Suivons les traces de celui dont vous ne connaissez peut-être que l’impressionnante carte FIFA Ultimate Team.  

Les origines

D’un père d’origine Surinamienne, Ruud grandit à Amsterdam. Il s’inscrit à plusieurs reprises dans différents clubs de la ville mais c’est dans la rue qu’il fait ses premières classes de footballeurs et y rencontre de futurs illustres coéquipiers comme un certain Frank Rijkaard.

Frank Rijkaard, légende et coéquipier de Gullit

A 16 ans, en 1978, il signe son premier contrat pro avec le club de Haarlem et devient le plus jeune joueur pro de l’histoire du championnat néerlandais (Eredivisie). En 4 ans, il marque 32 buts mais ne remporte aucun trophée.

Les heures de Gloire

La consécration advient plus tard en 1982 quand il rejoint le Feynoord Rotterdam et joue alors aux cotés de Johan Cruyff. Pour la première fois on le repositionne au poste de milieu offensif, une position qu’il gardera jusqu’à la fin de sa carrière.
Johan Cruyff, loin de faire de l’ombre à la Tulipe, le fait rayonner et la saison 83-84 est un tournant dans la carrière de Ruud Gullit qui remporte un doublé Coupe-Championnat et est nommé meilleur joueur néerlandais de l’année.
Il ajoutera à son palmarès deux championnats (86 et 87) et en 1987 alors qu’il marque 22 buts (total impressionnant pour un milieu offensif), il se voit attribuer le ballon d’or, un ballon d’or qu’il dédiera à Nelson Mandela alors toujours emprisonné.

Impressionnant autant par son physique qu’étonnant par son style et ses dreadlocks, la Tulipe noire fait grande sensation et attire les convoitises, c’est finalement le Milan qui réussit à s’octroyer ses services pour la somme alors impressionnante à l’époque de 17 millions de florins, soit 7 millions d’euros. A ses côtés deux autres grandes légendes néerlandaises Frank Rijkaard et Marco Van Basten. Leur association incarnera la domination néerlandaise sur le football des années 90,  par deux fois l’AC Milan remporte la Coupe d’Europe des Champions et la Supercoupe d’Europe. Plus encore que les trophées, c’est la manière qui impressionne, lors de la demi-finale de 1989, le Real Madrid est écrasé 5-0.

Un joueur complet

Véritable métronome tourné vers l’offensive Guulit sait transformer le ballon en or, pour ses coéquipiers autant que pour lui-même, vif, élégant très bon de la tête mais  également doté d’une puissante frappe de balle, Ruud Gullit est l’archétype du joueur complet.

Les Oranje, un sentiment d’inachevé

Son bilan avec les Oranje est mitigé, il n’arrive ni à se qualifier pour la Coupe du Monde de 82 et de 86 ni pour l’Euro de 84.
Toutefois, on retiendra l’Euro 88 que les Oranje menés par le trio du Milan AC remporteront avec brio. Gullit marquera le premier but de la finale, mais ce dernier sera quelque peu oublié, dans l’ombre de la légendaire volley de Van Basten.

La sélection nationale se qualifiera également pour la coupe du monde de 1990, pourtant favoris les Oranje manquent un peu à l’appel et malgré certaines fulgurances, la tulipe noire est loin de son niveau d’il y a deux ans. Ils perdront en huitième de finale face à l’Allemagne.

Puis l’entraineur

Peu à peu à bout de souffle, Ruud Gullit alternera successivement des saisons au Milan et à la Sampdoria puis traversera la manche en 1995 pour jouer à Chelsea, étonnamment il y deviendra entraineur dès 1996 et jusqu’en 1998. Cette carrière d’entraineur il la prolongera dans plusieurs clubs européens jusqu’en 2011.

Stéphane Guivarc'h joueur du Guulit à Newcastle  jugera d’ailleurs sévèrement Gullit le qualifiant « d’imposteur ». 

Le bilan de cette sa carrière d’entraineur sera donc largement plus mitigé que celui de sa carrière de joueur puisqu’en 19 ans de carrière et en 662 matchs au plus haut niveau, il inscrira 251 buts.