On s’est fait aVoAR !

This is the end. Les Bleues sont éliminées de leur mondial dès les quarts de finale en s’inclinant (1-2) face aux Américaines. Si l’indéniable manque de réalisme des Françaises est le principal responsable de cette défaite, cette fin de parcours précoce laisse un goût amer…

par Gabriel Blondel.

Main d’O’Hara à la 86e minute dans la surface de réparation américaine sur un centre d’Amel Majri.

« Alors ça je n’ai vraiment pas peur de le dire, Mme Monzul, vous êtes une … » pour reprendre la célèbre formule de Thierry Rolland lors d’un match Bulgarie – France en 1976. Car il est clair que l’arbitre ukrainienne et ses assistants vidéo nous font rappeler les déboires du fameux M. Foote (à regarder ci-dessous).

https://www.youtube.com/watch?v=b2wvLrTU3b4

Il est certes plus facile de se cacher derrière les erreurs d’arbitrage pour expliquer une défaite, mais force est de constater que depuis la mise en place de l’assistance vidéo (VAR) dans le football, les débats sur l’arbitrage sont de plus en plus nombreux après les matchs. Cet outil qui était censé rétablir la justice face aux manquements humains des arbitres suscite l’incompréhension et un sentiment d’injustice plus fort qu’auparavant. Non seulement, il n’y aucune logique dans les décisions arbitrales concernant les mains dans la surface de réparation mais nous n’avons toujours pas de réponse à cette question : à quel moment l’assistance vidéo doit-elle être utilisée ou pas ?

A moins que les arbitres présents dans le camion de la VAR soient partis fumer une cigarette en même temps à la 86e minute, il est impossible que ces derniers n’aient pas vu la main d’O’Hara. Or si celle-ci n’a pas été jugée illicite, pourquoi une main identique a été sifflée trois jours plus tôt lors du huitième de finale Japon – Pays-Bas, à l’encontre de la défenseure nippone Kumagai, ayant permis aux bataves de s’imposer 2 buts à 1 grâce à ce penalty intervenu à la 89e minute. Dans la mesure où la notion d’intentionnalité de la main est écartée, pourquoi le PSG s’est fait éliminé de la Ligue des Champions sur une main quasi-similaire de Presnel Kimpembe, mais pas Team USA. Comparez les trois photos et appelez-nous si vous trouvez une différence :

Sans entrer dans la théorie du complot, ce n’est pas la première fois que Team USA bénéficie de décisions arbitrales favorables depuis le début de la compétition. Il suffit de revoir les deux penaltys généreusement accordés par la VAR lors de sa qualification laborieuse face aux Espagnoles (2-1) au tour précédent. On peut aussi s’interroger comment le pays organisateur d’une Coupe du monde peut se retrouver face à la meilleure équipe du monde, dès les quarts de finale, en finissant premier de son groupe… Enfin bref,assistance vidéo ou pas, ce sont toujours les puissants qui sont avantagés par l’arbitrage, et ce n’est pas prêt de changer.

Wendy Renard et ses coéquipières après le coup de sifflet final.

Le Parc des Princes aura été le théâtre d’une nouvelle déconvenue pour le football français. Victimes du froid réalisme des Américaines, les coéquipières d’Amandine Henry rentrent à la maison, mais cette fois sans la coupe. Le nom de la responsable, Megan Rapinoe, qui inscrit hier soir ses quatrièmes et cinquièmes buts depuis le début de la compétition et en devint la co-meilleure buteuse avec Alex Morgan sa partenaire sur le front de l’attaque américaine.

Tout d’abord sur un coup-franc excentré, la désormais nouvelle sosie officielle de Trunks de Dragon Ball Z, frappe fort devant le but de Sarah Bouhaddi, trompée et masquée par les jambes de ses coéquipières, et voit ce ballon anodin faire trembler ses filets alors que l’on joue depuis moins de cinq minutes. Comme à chacun de leur match depuis le début de cette coupe du monde, les Américaines entament leur match de la meilleure des manières en ouvrant le score dans le premier quart d’heure de jeu.

Megan Rapinoe célébrant son premier but de la soirée face aux Bleues (5′).

Les joueuses de Jill Ellis se plaçaient dans leur zone de confort et pouvaient gérer leur match en repoussant les assauts adverses pour mieux procéder en contre-attaque. Cela sera chose faite à la 65e minute, Rapinoe double la mise, contre le cours du jeu, en reprenant un centre de Heath pour ajuster Sarah Bouhaddi d’une frappe du pied droit à ras de terre. Heureusement, le drapeau s’est levé pour invalider le troisième de Heath à la 75e, à la réception d’un centre de la latérale gauche, Crystal Dunn, signalée hors-jeu. L’addition aurait été salée pour les Françaises car les Américaines n’ont au final pas montré grand chose.

But de la tête de Wendy Renard à la 81′

Aussi la déception est-elle encore plus grande que les Françaises auraient mérité l’égalisation tant elles ont dominé cette rencontre de fond en comble. On y a cru ! Avec une meilleure possession de balle, un nombre incalculable de centres et de corners et deux fois plus de tirs (20 contre 10 pour les Américaines), les Bleues ont assiégé les buts de Ashlyn Harris pendant 85 minutes et au bas mot mis en difficulté celles qui se targuent d’avoir « la meilleure et le deuxième meilleure équipe du monde » au sein de leur effectif. Comme le concède la capitaine Amandine Henry à la fin du match, « c’était notre meilleur match de la compétition ». Mais malheureusement, les débordements incessants de Kadidiatou Diani sur le côté droit et les passes millimétrées de Gaëtane Thiney n’auront que trop rarement trouvé preneuse. Hormis à la 81e minute, la tête à bout portant de Wendy Renard, inscrivant au passage son quatrième but du tournoi (un record pour une joueuse française en Coupe du monde) sur un coup-franc de Thiney, avait redonné espoir aux 45 000 personnes présentes dans les travées du Parc des Princes et aux 11,8 millions de téléspectateurs français devant leur écran. Mais cette réduction du score était trop tardive et la messe était déjà dite, à l’expérience, les États-uniennes ont géré les dernières minutes en ont su conserver leur avance d’un but pour se qualifier pour leur huitième demi-finale en autant de participations.

Ce manque de réalisme des attaquantes françaises a finalement fait défaut aux joueuses de Corinne Diacre qui se devaient de sortir le match parfait pour espérer battre les triples championnes du monde. Au plus grand dam de tout un pays, qui se serait volontiers enflammé sous cette chaleur étouffante derrière son équipe nationale féminine. Les Bleues quittent leur Coupe du monde mais en sortent par la grande porte. Il faudra attendre encore quelques années pour ressentir les mêmes frissons qu’en juin et juillet derniers et pour revoir ces scènes de liesse populaire dans tout l’Hexagone. Mais une chose est sûre, le football féminin français ressort grandi de cette aventure. Il y aura un avant et un après 2019. Peu nombreux étaient ceux qui étaient capables de citer une autre joueuse de l’équipe de France que Wendy Renard avant le début du Mondial. Les Français en connaissent désormais au moins 11 et ne risquent pas de les oublier de sitôt.

2 réflexions sur “On s’est fait aVoAR !

    1. Cela est vrai ! Mais malheureusement ce type de main semble être la nouvelle norme depuis près d’un an : la main de Kimpembe contre Manchester Utd voire peut-être celle de Perisic en finale de la CDM prouvent que même les mains intentionnelles et légères sont désormais sifflées.

      Il me semble qu’il est important que tout le monde soit logé à la même enseigne avant tout : un arbitrage équitable qui n’avantage pas systématiquement l’équipe la plus puissante.

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