MONDIAL FÉMININ 2019: GUIDE DE SURVIE

Dans quelques heures, un événement majeur dans le monde du sport débutera sur les pelouses des stades français : la coupe du monde féminine. Ça fait maintenant plusieurs semaines que l’on tente de médiatiser, plus ou moins, de mettre sur le devant de la scène, tant bien que mal, le football féminin. Ça y est c’est le jour-j, et on pourra dès maintenant constater si les efforts faits dans la médiatisation de l’événement ont été payant. Mais c’est bien beau de parler du mondial féminin, de nous dire qu’il faut s’y intéresser, en agitant « l’épouvantail » de l’égalité de traitement, parce que c’est important pour les droits de la femme, pour sa reconnaissance dans le sport au même titre que les garçons. Il faut aussi être capable d’en parler aussi bien que l’on a pu le faire pour le football masculin l’année précédente. Ainsi, on vous propose ici un petit guide, afin de vous donner toutes les cartes en mains pour suivre au mieux la coupe du monde, en comprendre les enjeux, en connaître les stars, bref devenir un véritable expert du mondial 2019.

              Les matchs clés du début de la compétition

Alors ici, pas d’excuses, on vous voit venir « c’est compliqué de regarde le football à la télé », « les horaires ne m’arrangent pas je travaille ». La totalité des matchs de l’équipe de France seront diffusés sur TF1 et en plus de cela tous les matchs de poules seront à 21h. et qu’est ce que tu auras de mieux à faire à 21h ? Pour trois matchs de l’équipe de France, tu peux bien mettre de côté ta série Netflix pour suivre nos Bleues et les encourager comme il se doit. Mieux encore, si tu habites dans une ville hôte tu peux même te rendre au stade. Et si tu n’as toujours pas pris tes places ce n’est pas grave la billetterie sur le site de la FIFA est encore ouverte. Bon pour le match d’ouverture, c’est déjà complet, normal, mais si tu es Niçois ou Rennais tu peux toujours acheter ta place pour France-Norvège ouFrance-Nigeria, qui pourrait te coûter au grand minimum 9 euros. C’est quoi 9 euros en 2019 ? le prix d’une place de cinéma ! En plus ça dure moins longtemps qu’un film, et il y a plus d’ambiance. Pourquoi se priver ?  Alors aucune excuse, les 7, 12 et 17 juin, à 21h, si tu es un amateur de sport, tu seras devant ta télé ou au stade pour supporter les Bleues. Nos joueuses préférées affronteront la Corée du Sud, la Norvège et le Nigeria, et sont les grandes favorites de leur poule, de quoi pouvoir assister à de belles prouesses, non ?

              L’équipe de France

Maintenant que tu as toutes les informations pour regarder l’équipe de France, il faudrait peut-être apprendre à connaître son équipe. Alors les garçons généralement on connait tous déjà leur nom parce qu’ils jouent tous (ou presque) dans de grands clubs mondialement connus, c’est certain que ça ne se passe pas exactement de la même manière pour les dames. Mais ce n’est pas grave puisqu’on est là pour t’éclairer sur cette équipe qui va faire (on l’espère) chavirer nos cœurs cet été.

Les quelques points à connaître pour regarder un match en toute sérénité :

  •               Sur les 23 joueuses sélectionnées, on retrouve 7 lyonnaises. Ce n’est pas complétement anodin puisque l’Olympique Lyonnais est la meilleure équipe européenne en football féminin, et a une fois de plus remporté la ligue des champions cette année.
  •             Parmi elles, les célèbres Amandine Henry ou encore Eugénie Le Sommer, qui comptent respectivement 83 sélections et 11 buts, et 159 sélections et 74 buts.  Les autres piliers de cette équipe sont Sarah Bouhaddi, gardienne de l’Olympique Lyonnais qui a atteint les 139 sélections, Wendy Renard, défenseure, également à Lyon, 108 sélections. Mais aussi Elise Bussaglia, joueuse au milieu de terrain à Dijon, 186 sélections et 29 buts, Gaetane Thiney, du Paris FC, 154 sélections et 58 buts, Kadidiatou Diani, du Paris Saint Germain, avec 45 sélections et 7 buts.
  • Si quatre Lyonnaises se sont blessées depuis le début de la préparation du mondial (Eugénie Le Sommer, Amandine Henry, Amel Majri, Griedge Mbock), la gardienne de l’équipe a souligné devant les journalistes de l’Equipe qu’il ne fallait pas être inquiets, et qu’il n’y avait pas d’alerte. Ainsi, tout semble être en place pour l’équipe de France qui pourra disposer de ses meilleurs talents

 

de gauche à droite : Amandine Henry, Eugénie Le Sommer, Sarah Bouhaddi, Wendy Renard, Elise Bussaglia, Gaetane Thiney, Kadidiatou Diani

Les Favorites de la compétition

Maintenant que tu connais les premiers matchs de l’équipe de France et ses meilleures joueuses à suivre de près, il faudrait éventuellement s’intéresser aux adversaires, et aux différentes poules. Sinon aucun intérêt à suivre ce mondial.

Certes, la France est évidemment la première grande favorite de la compétition. Ça fait des mois qu’on l’entend, l’équipe est en forme, le mondial se joue à domicile, les filles ont toutes les cartes en main pour remporter le trophée. Durant ses matchs de préparation elle n’a encaissé qu’une seule défaite face à l’Allemagne, et a battu l’Australie, le Brésil, le Canada, le Japon, et les Etats-Unis, la nation phare du football féminin.  Mais il ne faut pas partir vainqueur trop rapidement, on le sait aussi, ça a joué des tours aux bleus en 2016 durant l’Euro.

photo officielle edf fille coupe du monde

Parmi les autres grandes favorites, dont la France devra se méfier, on retrouve d’abord les Etats-Unis, que nos Bleues pourraient affronter dès les quarts de finale. Le pays est champion du monde en titre, première nation au classement FIFA mais surtout plus grande nation du football féminin. Les Américaines ont brillamment réussi leurs matchs de préparation en écrasant l’Afrique du Sud et la Nouvelle-Zélande 3 à 0 et le Mexique 5 à 0. Si vous ne connaissez pas le football féminin mais que vous vous intéressez un minimum au football, vous connaissez forcément Alex Morgan, la star de l’équipe, qui a rejoint l’Olympique lyonnais récemment. Elle fait partie du nombre restreint de footballeuses ayant marqué plus de 100 buts en sélection et est le grand atout de l’équipe américaine.

 

 

On retrouve également l’Allemagne, qui a déjà deux titres de championnes du monde, obtenus en 2003 et 2007. Cette équipe est redoutable offensivement : durant les 8 matchs de qualification pour la coupe du monde, elle a marqué 38 buts. C’est la grande favorite du groupe B, où l’on retrouve aussi la Chine, l’Espagne et l’Afrique du Sud. Sa star, elle évolue aussi à l’Olympique lyonnais : Dzsenifer Marozsan, qui a obtenu le titre de meilleure joueuse du championnat de France.

dzsenifer

L’Angleterre sera aussi à surveiller : demie finaliste de la coupe du monde en 2015, mais surtout vainqueur de la célèbre Shebelieves Cup, devant les États-unis, le Japon et le Brésil.

shebelieves cup.jpg

Enfin, le Japon et sa jeune génération est un potentiel favori. Même si l’équipe a connu une baisse de niveau et est arrivé à la troisième place pendant la Shebelieves Cup, elle a quand même remporté deux fois la coupe d’Asie, en 2014 et 2018, et a accédé à deux finales de coupe du monde, en 2011 et 2015, ressortant vainqueur en 2011.

japon championne du monde 2011

             les Favorites de chaque poule           

Désormais tu connais non seulement l’équipe de France mais aussi les grandes nations à regarder cette année. Il faudrait alors davantage approfondir et s’intéresser à la totalité des groupes. Rien de bien compliqué, il existe 6 groupes nommés de A à F, composés chacun de quatre équipes.

Dans le groupe A, on retrouve donc la France, la Corée du Sud, la Norvège et le Nigeria. Avec comme favori, la France.

Le groupe B est composé de l’Allemagne, la Chine, l’Espagne, l’Afrique du Sud. Le Favori est l’Allemagne, l’Espagne sera aussi une équipe à surveiller cette année, comme potentiel outsider.

Le Groupe C verra s’affronter l’Australie, l’Italie, le Brésil et la Jamaïque. Contrairement au football masculin, où le Brésil est une grande nation, chaque année un grand favori, ce n’est pas le cas chez les femmes. Cette année, la coupe du monde « arrive trop tôt », à en croire les dires de Jorge Luiz Rodrigues, journaliste brésilien. L’équipe n’est pas prête et à échoué durant ses matchs de préparation.

Dans le groupe D, l’Écosse, l’Argentine, le Japon et l’Angleterre. Ce sera un groupe intéressant, puisque l’on y retrouve le Japon et l’Angleterre, deux potentiels favoris.

Le groupe E est composé du Canada, Cameroun, Nouvelle-Zélande et Pays-Bas. Il faudra faire attention au Canada, 5e nation mondiale, mais aussi et surtout aux Pays-Bas, vainqueur, à la surprise générale, de l’Euro en 2017. Ce sera pour le pays l’occasion de confirmer son titre et de prouver qu’il a sa place parmi les grandes nations de football féminin.

Enfin, le groupe F est celui des États-Unis, de la Thaïlande, du Chili et de la Suède. Sans surprise les États-Unis sont le grand favori, la Suède est aussi un bon concurrent, tandis que la Thaïlande et le Chili sont les deux petits du groupe.

coupe du monde foot groupe

tableau récapitulatif

Les matchs à ne pas manquer :

Au total, 52 matchs auront lieu, du 7 juin au 7 juillet, retransmis en totalité sur Canal+. L’équipe de France sera diffusée sur TF1 et les huitièmes de finale, les quarts, les demies, la troisième place seront retransmis sur TMC. La Finale sera évidemment sur TF1. Évidemment, personne ne t’oblige à regarder les 52 matchs, mais il y a certaines affiches de poules tout d’abord qu’il ne faudra pas manquer si tu veux suivre et comprendre ce mondial à fond.

Tout d’abord, Angleterre-Ecosse, à l’Allianz Riviera, le dimanche 9 juin, à 18h. Deux possibilités, soit tu auras passé ton dimanche chez toi à ruminer à cause du mauvais temps qui touche une bonne partie de la France, soit tu auras passé ton après-midi à la plage parce que tu habites dans le seul coin de la France épargné par le mauvais temps cette semaine. Dans tous les cas à 18h tu seras pleinement disponible pour regarder ce match. L’Angleterre est une des nations favorites, et certes, affrontera un novice, mais on connaît la rivalité ancestrale entre les deux nations.

Ensuite, mercredi 12 juin, à 18h, à Valenciennes, l’Allemagne, grande favorite de la compétition, affronte l’Espagne, étoile montante du football féminin. C’est seulement sa deuxième participation à la compétition, et on connaît désormais l’engouement des espagnols pour le football féminin à l’image de la rencontre entre le FC Barcelona et l’Atletico de Madrid au Wanda metropolitano cette année, une ambiance digne des plus grands matchs.

Le mercredi 19 juin, à 21h, au Parc des Princes, le Japon affrontera l’Angleterre dans le plus gros choc du premier tour de la compétition. Les deux équipes se sont déjà affrontées durant la Shebelieves Cup et c’est l’Angleterre qui a remporté le match, ce sera alors l’occasion pour les Japonaises de prendre leur revanche.

Et le Jeudi 20 juin, deux matchs devraient attirer votre attention : à 18h, à Reims, les Pays-Bas contre le Canada, et à 21h, les États-Unis contre la Suède.

              Le « mini-scandale » qui est passé (presque)  inaperçu

ada-hegerberg.jpg

Ada Hegerberg, premier ballon d’or de l’histoire du football féminin, ne sera pas présente pour ce mondial. Cela fait maintenant plus de deux ans que la jeune femme boycotte la sélection norvégienne, pour des raisons que l’on peut largement qualifiée de politiques : elle proteste activement contre l’inégalité de traitement entre les footballeuses et les footballeurs. En 2017, lorsqu’elle a annoncé sa décision de renoncer à la sélection, la fédération norvégienne avait choisi d’aligner les salaires des femmes sur ceux des hommes. Mais ce geste louable n’a pas permis à la Norvège de voir sa star de retour sur les bancs de l’équipe nationale. Elle demande avant tout « du respect pour les filles qui jouent au foot. Si cette base de respect existe, il y aura plus de moyens, d’installations, d’investissements. Tout est lié, il y a une évolution et c’est tant mieux ». (Déclarations faites au Parisien). Ce mondial est donc aussi l’occasion, une fois de plus, de pointer du doigt des inégalités encore bien présentes. Alors oui si le football masculin brasse plus d’argent c’est aussi parce qu’il est plus médiatisé, regardé, populaire, mais justement, ce qu’Ada Hegerberg souligne c’est qu’il devrait être nécessaire de juger de la même façon les deux catégories, pour permettre d’aller vers une égalité salariale, ou du moins, ne pas se retrouver avec des écarts de salaire autant importants qu’à l’heure actuelle. Par exemple, la prime de championnes de la coupe du monde est de 40 000 euros pour l’équipe de France. L’année dernière les garçons ont obtenu une prime de 300 000 euros.

Ce n’est pas la première fois que les joueuses pointent du doigt directement les fédérations nationales. Le 8 mars derniers, à l’occasion de la journée internationale pour les droits de la femme, 28 joueuses de la sélection américaine ont attaqué la fédération pour discrimination lié au genre. Les jeunes femmes touchent près de 40% de moins que les hommes, alors qu’on le sait tous, aux Etats-Unis, le football féminin est très populaire, beaucoup plus que le masculin, et davantage médiatisé et reconnu.

Alors cette compétition est importante parce qu’elle met sur le devant de la scène le football exercé par des femmes, n’en déplaise à Alain Finkielkraut, ou autre, déclarant qu’il ne voulait pas voir les femmes de cette façon. Mais elle est primordiale, car elle met aussi en avant les discriminations et les inégalités que subissent les femmes exerçant des sports que l’on attribue plus facilement aux hommes. On tend de plus en plus, comme le souligne Ada Hegerberg, vers une forme de respect, et même si elle n’est pas encore pleinement atteinte, la coupe du monde apparaît comme un petit pas de plus, une avancée, vers l’égalité.

Maintenant vous avez toutes les cartes en mains pour visionner ces premiers matchs de la coupe du monde, et suivre le mondial de la meilleure façon qu’il soit, mais aussi comprendre les enjeux qu’elle implique, et donc son importance.

Alors on vous souhaite à tous et à toutes un très bon mondial, et n’oubliez pas, à la fin, c’est les femmes qui gagnent.

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