La Coupe du Monde de Bandung

Demain, dans les environs de 20 heures, le Sénégal rencontrera la Corée du Sud quelque part sur les hauteurs de la scène internationale. Pendant ce temps, l’Equateur affrontera les Etats-Unis pour retrouver au choix, le Mali, l’Italie, l’Ukraine ou la Colombie. Et non, on ne parle pas d’un sommet de la Banque Mondiale ni de la coupe du monde des non-alignés. Ce soir on joue les quarts de finale de la coupe du monde des moins de 20 ans et vous ne connaissez probablement aucun joueurs.

S’il n’est pas impossible de trouver dans les archives la présence de 4 de ces équipes en quart de finale d’une même édition de la coupe du monde, seulement 3 sur les 8 ont déjà vu une demi-finale : l’Italie c’est évident, les Etats-Unis il y a 300 000 ans (en 1930) et la Corée du Sud (on ne sait toujours pas comment). C’est donc peu dire que les huitièmes de finales de la coupe U20 nous ont réservé quelques surprises. L’élimination des kids de la FFF face aux Etats-Unis est peut-être la plus importante. Se faire surprendre par une équipe de joueurs de baseball qui appellent le noble art soccer, ça fait quand même tâche. Mais que dire de l’Argentine, pays qui transpire quand même le foot de tous ses pores, et qui se fait gentiment écarté de la course au titre par le… Mali ?

Pour info, le tableau des quarts aurait pu être encore plus chelou. Avec le Panama et la Nouvelle-Zélande tous deux en huitième, on aurait pu se retrouver avec quelque chose de démentiel. Imaginez un peu que les kiwis se soient qualifiés à la place des colombiens, on aurait eut a minima un représentant de chaque continent en quart. A ce rythme là, c’est plus une coupe du monde, c’est une campagne de pub pour Benetton.

De fait, la véritable question c’est : pourquoi se retrouve-t-on avec un tableau finale made in ONU ? Il y a plusieurs raisons à cela. Ou plutôt, plusieurs hypothèses.

La première – et celle à laquelle on aimerait croire – c’est que les temps changent. Les Etats-Unis par exemple, ont compris que pour des questions de soft power, il était plus important de dominer la scène internationale footballistique que celle du baseball. A ce niveau-là, des investissements sur la formation ont été fait de manière drastique dans le pays. La volonté de former une équipe faite pour compter parmi les grands est réelle. A côté des ces changements décisionnels, il y a aussi des changements structurels. Certains pays – comme l’Equateur – ont largement investi dans la construction de structures d’accueil et de formation sportive. Des rénovations dues à une hausse du niveau de vie.

Une seconde hypothèse privilégie un sens des priorités différents au sein des fédés. Si Mbappé avait un an de moins, il aurait l’âge de jouer pour les U20, l’aurait-il fait ? Non. Quand on est mannequin pour Hermès on fait pas des défilés pour Celio.

Enfin, il existe la possibilité dite « de la pastèque ». Et si nos p’tits coqs l’étaient justement un peu trop, fiers ? Quand on s’appelle Yacine Adli, Alban Lafont, ou Moussa Diaby, on a peut-être tendance à se dire que tout sera plus facile. Quand on est déjà titulaire en pro voire dans indiscutable dans les plus grand clubs du monde (Zagadou à Dortmund) les américains, ça fait pas trembler beaucoup. Et pourtant ce sont bien eux qui les ont fait trembler, les filets. Et 3 fois.

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