La ferveur Allemande, une exception européenne

A Paris les ultras sont bannis,  en Angleterre les hooligans disparus ont laissé place à de calmes et agréables réunions dominicales. Le football a perdu de sa culture populaire, aseptisé par un business trop profitable pour être laissé aux mains « des gens du peuples ».

On pourrait croire que cette vision du foot est à généraliser, mais si l’exception culturelle est française, l’exception du football populaire est allemande. Et alors que tous les clubs majeurs des grands championnats européens empruntent l’autoroute  du football business, nos cousins les germains semblent privilégier les sentiers plus tortueux mais si palpitants du football animé par le bas, celui du peuple.  (et pourtant, les autoroutes ils connaissent)

Pour vérifier et s’appuyer sur des faits, on s’est essayé à récupérer des témoignages. Et le moins que l’on puisse dire c’est que les allemands sont fiers de leur football et qu’ils ne le changeraient pour rien au monde. Avant de faire parler un faiseur de tifo, un ultra pur et dur du Werder de Brême, j’ai eu l’occasion de m’entretenir avec un aficionado du football allemand, également Werderaner, c’est-à-dire supporter du club. Son nom, Malte Schmidt. Etudiant allemand exilé à Barcelone pour quelques mois, Il nous livre ici sa vision des choses :

Notre entretien avec Malte Schmidt, supporter du Werder de Brême et grand défenseur du football allemand

Pour les Anglophobes, ou si vous n’avez simplement pas le temps de tout écouter, voilà son condensé.

Le football du peuple

Comme dit précédemment, alors que le football a sans conteste pris une tournure particulière qualifiable de « business », à revers, le championnat et le foot allemand gardent toujours, pour Malte, une approche saine,  et ce particulièrement avec l’argent. Si l’argent n’a toujours pas transformé le foot en Allemagne c’est pour une raison simple, le football est à l’écoute de ses fans, plus encore, le football c’est les fans, ce sont eux qui l’animent, c’est à travers eux que le football vit.

“Football is not all about money, in Germany, the fans realize that it is still all about football, (…) the price tickets are way cheaper than everywhere else.” “The fans still feel really appreciated”

Les fans se sentent donc réellement considérés ce qui changent la donne, surtout lorsque des décisions importantes doivent être prisent. Le football y reste familial, par exemple, alors que l’on voulait mettre en place des matchs le lundi, les fans très mécontents ont pu faire annuler la décision alors même que la ligue y avait beaucoup à gagner financièrement. Et ainsi, tous les matchs ont lieu le week-end pour permettre à l’ensemble des supporters d’y assister.

Le Bayern et le Leipzig, exception à la règle ?  

Pour faire suite à ma question précédente, j’ai demandé à Malte, si des clubs riches comme le Bayern ou le Red Bull n’annonçait pas une rupture dans cette tradition populaire.

Sa réponse est sans appel. En effet un club comme Leipzig, racheté par Red Bull fait exception à la règle et présente bel et bien des caractéristiques propres à ces nouveaux business clubs dont le nombre augmente partout en Europe. Mais encore une fois, la popularité du club, très faible en Allemagne (comme expliqué dans l’interview), sert son discours car témoigne bien des mentalités allemandes, en proie à aimer davantage le football populaire.

Quant au Bayern Munich, Malte le défend, comme un club riche, oui mais dont le succès a ses mérites, qui n’a par exemple rien d’un club « parachuté » qu’un riche investisseur venus d’ailleurs aurait racheté, mais plutôt d’un club familial dont les choix judicieux et très bons résultats ont permis d’atteindre avec succès un modèle financier et sportif remarquable.

Mais dans ce cas, cette particularité n’a-t-elle pas comme contrecoup d’atténuer les performances sportives des clubs allemands ? A regarder attentivement hormis le Bayern et Dortmund, peu de clubs allemands sortent vraiment leur épingle du jeu sur la scène européenne. A cette question, une réponse simple et honnête, les différences de budgets. Et évidemment comme à l’Ajax les très bons joueurs sont rapidement amenés à quitter leur club formateur, à l’image de Jovic, qui quittera surement Francfort à la fin de la saison.

Focus sur le Werder

En tant que supporter du Werder de Brême, Malte a une façon très particulière de voir son club et sa ville et bien sur si la fierté de supporter joue pour beaucoup, on a envie de le croire quand il souligne les particularités de sa ville et la valeur qui y est donné au football. Vous ne vous en doutez peut-être pas, mais des grands talents y sont formés depuis bien des années, des joueurs comme Ozil ou de Bruyne on fait par exemple leur début au Werder de Brême. Tandis que des français y ont laissé une trace indélébile…


Johan Micoud, français favori des supporters du Werder

Alors pourquoi le Werder est-il si spécial ? A cette question, plusieurs réponses, le Werder c’est avant tout le club de toute une ville, toute la ville vit par le club et inversement, ainsi, il est invraisemblable pour un bar de Brême de passer une année entière sans match du Werder sous peine de mettre la clé sous la porte. Et les recettes des semaines sans matchs en témoignent d’ailleurs. Quand aux joueurs « ils savent pourquoi ils viennent » (entendu pour les fans) et « pourquoi ils restent » (vous connaissez la suite).

Les rivalités en Allemagne

Encore une fois, aucune rivalité n’est exagérée comme on peut parfois le contaster lors d’autres grandes oppositions en Europe.

En Allemagne les rivalités sont nombreuses, la plus crispante serait celle opposant Dortmund et Schalke 04, et celles-ci n’ont rien d’artificielles de véritables haines animent les fans des chaque camps. Pour des raisons dépassant d’ailleurs souvent le football, de la politique en passant par l’histoire. Ainsi, le Werder entretient une rivalité ardente avec le club d’Hambourg, en cause notamment, un jet de pierre lors d’affrontements qui aurait causé la mort d’un supporter Brêmois.

Pour finir ce premier épisode, je laisserai le mot de la fin à Malte, “Without Werder there is not Bremen, without Bremen no Werder”

Victorien.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s