European Brexit League

En plein Brexit, Londres est paradoxalement devenue hier soir, la première ville de l’Histoire à placer 3 équipes parmi les 4 finalistes de la C1 et de la C3. Si sur la scène politique et économique, Londres s’est éloigné du centre névralgique de l’Union Européenne, elle est redevenue sur le pré la capitale du vieux continent.

L’appel de Londres

Hier soir, quelques minutes après 23 heures, Chelsea se qualifiait aux pénos face à Francfort. Comme un symbole, en plein Brexit, Londres et sa city sortait Francfort et sa BCE de la course à l’Europe. U symbole plein d’ironie qui devait déboucher sur un quatuor de finalistes historique. Avec 4 représentants de la couronne dans les deux finales européennes, la Grande-Bretagne a réussi en 2019 ce qu’aucun autre pays n’avait fait avant elle. Et avec 3 clubs issus de la même ville (Arsenal, Chelsea, Tottenham), le dessin est encore plus stupéfiant. Quand on sait où se situent en France le Paris FC et le Red Star… on se dit que la possibilité d’un tel exploit n’était pas la même pour tous.

La menace Brexit

Lorsqu’on parle Brexit, c’est évident, la première question n’est pas celle des répercussions sur le football. Pourtant, elles existent. En tout premier lieu se pose la question de la valeur de la livre. Tottenham, aujourd’hui en finale de C1 vient d’achever la construction de son stade pour environ 1 Milliard de livres. C’est selon Mauricio Pochettino qui s’exprimait à ce sujet « 30% de plus » que le prix de base. Une augmentation due à la dévaluation de la monnaie britannique. Outre la menace financière, ce sont les contraintes sur le marché de l’emploi (des joueurs) qui inquiètent. Il faut savoir que le marché anglais est à l’international déjà beaucoup plus compliqué que pour les autres championnats. Il existe des conditions assez strictes pour recruter un joueur qui ne serait pas de l’Union Européenne. Il faut notamment que le joueur soit appelé régulièrement, depuis 2 ans, en équipe nationale et que celle-ci soit dans le top 50 du classement FIFA. Ce que le joueur algérien Riyad Mahrez a pu faire seulement parce qu’il possédait un passeport français. En quittant l’Union Européenne, la Grande-Bretagne abandonnerait ainsi les règlementations prévues par l’arrêt Bosman qui permet une liberté totale dans le recrutement des joueurs européens. Plus précisément, les joueurs mineurs ne pourraient plus être transférés vers le royaume (au revoir Janusaj et Fabregas) et les conditions d’arrivées de joueurs adultes seraient beaucoup plus compliquées parce que soumises à l’obtention d’un visa et d’un permis de travail. Enfin, les clubs anglais pourraient être obligé par la FA (Football Association) de s’acquiter de nouveaux quotas de joueurs étrangers. Pour rappel, et ce malgré l’interdiction de l’UE, la Grande-Bretagne limite actuellement le nombre de joueurs étrangers à 16 pour un effectif de 25 joueurs. Ce quota pourrait descendre à 13 en cas de Brexit.

Joueur, c’est résister

Si en grimpant sur le toit de la grande et de la petite Europe, les clubs anglais n’ont pas pensé au pied de nez qu’ils faisaient à l’Histoire politique, leur réussite au niveau continental pourrait être reprise par la résistance pro-européenne. Que ce soit les anciens joueurs (on pense à Gary Lineker) ou les plus récents (Barton par exemple) le Brexit et ses conséquences sur le pré ne sont pas en odeurs de sainteté du côté de « la plus belle ligue du monde ». Et la réussite anglaise dans cette campagne européenne 2018-2019 pourrait se faire le porte-drapeau de deux messages liant étroitement le football et la politique. Le premier c’est que même au coeur de l’Europe, la Grande-Bretagne peut rayonner et doit jouer un rôle central, et la seconde c’est que pour briller sur cette scène continentale et internationale, la richesse de côtoyer l’autre est indispensable. Car si le football anglais se relève actuellement (tant au niveau national qu’international), il ne faut pas négliger le rôle primordial que jouent certains acteurs étrangers. Sur les 4 clubs qui se disputeront les honneurs européens fin mai et début juin, aucun n’est entraîné par un britannique (un italien (Sarri) un argentin (pochettino), un allemand (Klopp) et un espangol (Emery). Et comme un symbole, le seul club dont la star est anglaise (Tottenham avec Kane) jouait sans lui en demi-finale. Les derniers héros de ces équipes-là sont tous des internationaux (Origi, Moura, Aubameyang, Kepa…).

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