La course à la montée (1/6) : Lens, parti pour rester.

Bien plus passionnant que la Ligue des Champions et alors que l’on rentre dans le sprint final, Le Sens Du Jeu va suivre de près lors de ces six derniers weeks-ends l’évolution de nos possibles futurs promus de Ligue 2.

Tout d’abord, établissons un état des lieux général. En première position, on retrouve une séduisante équipe du FC Metz avec 68 points, descendue l’année précédente et qui devrait logiquement retrouver l’élite la saison qui vient, ce qui pourrait être mathématiquement confirmé dès la prochaine journée. Au second rang, on a le Stade Brestois, 62 points, qui s’était vu éliminé des barrages à la montée dès le premier match opposant le 4e au 5e contre Le Havre la saison dernière et qui se retrouve cette saison en bonne position d’accéder à la Ligue 1 directement. Actuel premier barragiste, Troyes 55 points auteur d’une folle remontée en enchaînant six victoires sur les huits derniers matchs et qui s’est vu passer de la 8e place au soir de la 24e journée, à la 3e avant le match opposant le Paris FC à Lorient. Ces deux derniers respectivement 4e et 5e avec 53 points s’affrontent ce soir à Charlety pour un match décisif qui verra le gagnant prendre une option sur la 3e place qui évite un premier barrage. Enfin vient à la 6e place le RC Lens – sujet de cet article – qui compte 2 points de retard sur ses deux concurrents.

Les années passent et se ressemblent pour les artésiens. En effet le parcours cauchemardesque du club se poursuit et ne semble prendre de fin. Petite rétrospective : dans une situation financière épouvantable dûes aux mauvaises gestions de Gervais Martel (coucou le million d’euros de dettes au casino), le club est repris en 2013 par le millionnaire azéri Hafiz Mamadov. Le club entraîné par Antoine Kombouare termine deuxième de Ligue 2 en 2013-2014 permettant enfin aux lensois de remonter en Ligue 1. Mais les soucis pointent le bout de leur nez à l’été quand le RCL se voit interdit de recrutement et avec un effectif indigne de l’élite le club redescend à la fin d’une saison pénible. En 2016-2017, Lens passe très proche d’une nouvelle montée, en effet cela passe même à moins d’une minute puisque c’est la frappe rageuse d’Emmanuel Bourgaud au bout du bout du temps additionel pour Amiens qui vient empêcher le club de terminer 3e. La saison suivante est un calvaire : sept défaites en autant de match pour démarrer le championnat qui a failli mener le club à une relégation en national, et une élimination aux tirs aux buts en quart de finale de la coupe de France contre l’équipe de National des Herbiers.

Mais cette saison devait être celle du renouveau. En effet d’importants changements avaient eu lieu. A la présidence tout d’abord où après plus de 30 ans de règne, Gervais Martel laisse enfin sa place à Joseph Oughourlian, dirigeant de la société luxembourgeoise Solferino et qui détient le club avec l’Atletico de Madrid. Ce bouleversement laisse enfin espérer une meilleure gestion financière du RC Lens qui a été ennuyé plusieurs fois par le passé avec les affaires frauduleuses de Martel. Un changement d’entraîneur ensuite avec l’éviction surprise de l’enfant du club Eric Sikora, qui avait repris l’équipe alors dernier avec 7 défaites en autant de matchs. Alors qu’Elie Baup ou Jean Marc Furlan étaient annoncés, c’est avec beaucoup d’ambition qu’arrive Philippe Montanier le 22 mai dernier. L’ancien entraîneur de Boulogne et Valenciennes se démarque par son beau jeu dès les premiers matchs de préparation laissant entrevoir une saison prometteuse. Des arrivées intéressantes ensuite avec l’ancien gardien de Bastia et d’Ajaccio Jean Louis Leca, le défenseur de Newcastle Massadio Haïdara, le belge Guillaume Gillet, le buteur orléanais Yannick Gomis et le prêt de l’attaquant espoir de Manchester City Thierry Ambrose. Tout ceci additionné aux produits du centre de formation lensois de La Gaillette avec de jeunes prometteurs qui se sont rapidement imposés : Mounir Chouiar ou encore Cheick Doucoure qui devraient être courtisés par la Ligue 1 cet été.

Cheick Doucouré

Tout ces changements vertueux amènent le RC Lens à commencer le championnat de manière tonitruante avec 8 victoires lors des 11 premiers matchs avec 3 buts encaissés et un jeu enfin digne du plus gros budget de Ligue 2 (36 M). Au soir de la 11e journée, les sang et or sont 2e à un point du leader Metz après s’être imposé 5-0 contre le GFC Ajaccio devant 28 000 supporters, une performance rarement égalé un lundi soir.

Mais l’euphorie de début de saison s’estompe rapidement et les 7 défaites sur les 11 matchs suivants ont raison des espoirs de montée direct du RC Lens. Mais les résultats de Lens continuent d’être en dent de scie et le jeu médiocre ainsi que des résultats plus qu’insuffisants face aux « petits » de Ligue 2 amènent les supporters à difficilement croire en une montée qui s’éloigne match après match. Avant le match entre le Paris FC et Lorient, Lens est dans une situation très inconfortable : une 6e place hors barragiste, à égalité avec l’US Orléans pourtant 17e budget de Ligue 2, un retard de 4 points sur Troyes 3e, un entraîneur en rupture avec son groupe suite à ses décisions de plus en plus lunaires. Mais le point d’orgue de la crise s’est déroulé la semaine dernière quand à la surprise générale le manager sportif Eric Roy, en charge du renouveau du club s’est vu débarqué. Ce départ s’inscrit dans le cadre d’un plan de sauvegarde de l’emploi et n’aurait pas de rapport avec le sportif mais montre tout de même une situation interne du club très instable. Les derniers messages de la direction ne sont pas des plus rassurants avec des rappels constants de la jeunesse du projet qui ne peut avoir de résultats immédiats. Le soutien des supporters est indéfectible mais une nouvelle saison sans résultats de remontée ou en coupes vont amener des questions quand à la durée de ce soutien aussi fervent. Au niveau sportif, on sent bien que quelque chose est cassé, Lens ne marque plus, en témoigne l’absence de but lors des quatre derniers matchs. Un nouveau manque de résultat samedi à Grenoble pourrait faire dire aux lensois adieu à la montée, d’autant plus que suivront des déplacements à Brest et à Lorient qui seront décisifs pour accrocher au minimum une place de 5e et dernier barragiste.

Edouard Maury

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s