Le sacre du pays du football, 1966. (3/5)

30 juillet 1966, Wembley Stadium, Londres.

120e minute de jeu, prolongations : Geoffrey Hurst réalise un triplé et permet à l’Angleterre de plier cette finale sur le score de 4-2. Les Three Lions sont champions du monde pour la première fois de leur histoire, qui plus est devant leur public et dans le mythique stade Wembley.

Un succès improbable ?

Goal line technology

La 101e minute ou le tournant de cette finale. Après avoir été rapidement menés au score par les Allemands de l’Ouest, l’Angleterre revient dans la partie et marque par deux fois portant le score à 2-1. Mais à la dernière minute du temps réglementaire, alors que tout le stade croît à un victoire, Wolfgang Weber crucifie Wembley : 2-2. Prolongations.

A la 101e minute se produit alors un événement qui restera un mystère à jamais : le génie moustachu soviétique Tofik Bakhramov, alors juge de touche, accorde le but de ce diable de Geoffrey Hurst après que le ballon ait rebondi sur la ligne. Les Allemands sont abasourdis par cette décision et vont finir par en encaisser un de plus.

On ne saura alors jamais vraiment si le ballon a franchi la ligne ou non, la VAR ainsi que la Goal Line Technology n’étant pas encore présentes.

L’Angleterre triomphe, l’inventeur du football est enfin couronné.

Série rompue et avènement d’une génération dorée

Dans une Coupe du Monde marquée par une violence physique permanente, symbolisée notamment par le refus du capitaine argentin Antonio Rattin de sortir du terrain à la suite d’une faute lui ayant valu un carton rouge. Il s’en prend d’ailleurs verbalement et physiquement à l’arbitre de la rencontre. Quoiqu’il arrive, l’Angleterre met fin à la série brésilienne.

Alors double tenant du titre après ses victoires en 1958 et 1962, la Seleção chute au premier tour, peu aidée par les fautes (proches de l’agression) subies par le Roi Pelé, qui sont à peine sanctionnées par l’arbitrage aléatoire et lui vaudront de rentrer au pays avec une vilaine blessure à la jambe. Le champion en titre sort alors au premier tour pour laisser place à une génération désormais mythifiée en Angleterre, puisque seule génération sacrée lors d’une compétition officielle.

Cette « golden generation » est incarnée par un trio composé : du récent défunt Gordon Banks, gardien des Three Lions lors du sacre, auteur de « l’arrêt du siècle » devant Pelé quatre ans plus tard lors du Mondial Mexicain et considéré comme l’un des cinq meilleurs gardiens de l’histoire du football ; du roc Bobby Moore, considéré comme le meilleur défenseur central de l’histoire du football et capitaine lors du triomphe ; ainsi que du leader Bobby Charlton, élu ballon d’or 1966 et considéré comme le meilleur joueur anglais de tous les temps.

« A pantera negra »

La Coupe du Monde 1966 marque la confirmation de l’immense talent du jeune attaquant portuguais.

Né au Mozambique en 1942 et débarqué au Portugal en 1960 après avoir été repéré par des recruteurs du SL Benfica, il intègre dès l’année suivante le club lisboète et ne perd pas de temps pour s’imposer. En effet, il remporte dès sa deuxième saison la Coupe des Clubs Champions en marquant notamment deux buts en finale. Ce titre sera accompagné de onze championnats portugais  et de cinq Coupe du Portugal, dun ballon d’or en 1965 ainsi que d’une surprenante 3e place lors du Mondial 1966.

Eusébio est l’artisan majeur de ce résultat national. Avec neuf buts au compteur, il finit meilleur buteur de la compétition et permet au Portugal de se sortir de situations périlleuses, comme notamment face au petit poucet de la compétition : la Corée du Nord, contre qui il inscrit un quadruplé permettant au portugais de passer en demi-finale.

Cette Coupe du Monde signe la consécration sur la scène internationale du jeune talent portugais, souvent comparé à Pelé et qui reste aujourd’hui considéré comme l’un des attaquants les plus prolifiques du monde avec 631 buts marqués en 650 matchs professionnels.

Sa dépouille repose désormais au Panthéon national de Lisbonne.

Le petit nouveau

Après un premier tour d’éliminatoires remportés contre l’Australie lors d’une double confrontation (6-1, 3-1) après forfait des autres équipes asiatiques, la Corée du Nord doit alors disputer un tour final. Ce dernier prend la forme d’une poule de quatre équipes dont trois africaines. Cependant, toutes les sélections africaines déclarent forfait et la Corée du Nord accède alors qualifiée pour la Coupe du Monde 1966.

Cette qualification pose alors un problème sur la scène diplomatique, puisque le pays hôte n’a toujours pas reconnu la légitimité du gouvernement nord-coréen. Une fois le problème arrangé, la Corée du Nord va alors créer la surprise en terminant 2e de son groupe derrière l’URSS, après une victoire retentissante contre la sélection italienne, sur un but de Pak Doo-ik

La surprise ne s’arrête pas là, puisqu’au bout de 25 minutes de jeu contre le Portugal lors de son quart-de-finale, la Corée du Nord mène 3-0. Malheureusement pour le petit poucet de la compétition, le Portugal finit par l’emporter 5-3 et élimine la Corée du Nord.

Malgré ce beau parcours et un retour en fanfare au pays, la légende raconte que tous les joueurs, à l’exception de Pak Doo-ik, furent envoyés au goulag à leur retour.

Destin cruel.

Jules Guisset

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