Sortis mais grandis

Le 19 mai 2018, le Stade Rennais assurait sa qualification en Europa League pour la saison prochaine. Le point de départ d’une saison bientôt historique pour le club breton.
Le 22 février 2019, après avoir éliminé le Bétis Séville en seizièmes de finale, les bretons découvrent qu’ils affronteront Arsenal au tour suivant. Cela sonnait presque irréel pour chaque supporter et ressemblait davantage à une saison entamée sur football manager qu’à la réalité.
Le 7 mars 2019, dans un élan d’inattendu, Rennes remporte le match aller des huitièmes de finale sur un score de 3 à 1, dans un Roazhon Park bouillant et se voit déjà poursuivre son rêve européen.
Le 14 mars, malheureusement, Arsenal les surclassent largement et se qualifie pour les quarts de finale. L’aventure européenne s’arrête pour les bretons, sur une touche de déception, mais surtout beaucoup de fierté.

Londres enmbrasée par les 6000 supporters rennais ayant fait le déplacement

Si un supporter rennais devait vous résumer le parcours de son club en Europa League en un mot, il y a fort à parier que ce serait « inattendu ». Pour Rennes cette saison est celle des premières fois : la première victoire en phase de groupe, contre Jablonec et le 13 décembre 2018, pour la première fois de son histoire, après un parcours chaotique en phases de poule, les rouges et noirs s’offrent la qualification pour les seizièmes de finale. Le 21 février 2019, contre le Betis Seville, il se qualifie pour la première fois en huitième de finale. Le 7 mars 2019, c’est la première fois qu’une équipe française gagne sur ses propres terres contre Arsenal. Chaque supporter du Stade Rennais avait l’impression que l’aventure ne pouvait pas s’arrêter. Cette équipe semblait animée par quelque chose qui la rendait imprenable.


Malheureusement la saison européenne s’arrêtera à Londres pour les Rennais, épris d’un sentiment général de déception, d’amertume et de colère.


De la déception, envers les joueurs, qui sont malheureusement passés à côté de leur match en première période et ont été plus qu’inférieurs en seconde période, face à un Arsenal qui a su marquer rapidement puis rester solide défensivement.
De l’amertume, vis-à-vis d’un but accord hors-jeu, d’un laxisme arbitral en particulier sur la faute de Lacazette sur Benjamin André et face à ce geste plus que méprisable d’Iwobi envers Amari Traoré.
De la colère, contre l’UEFA, qui a largement favorisé Arsenal pour la préparation de ce match, en acceptant d’échanger les lieux entre les matchs aller et retour sur des raisons peu valables, en levant la suspension de Lacazette deux jours avant le match, faussant alors la préparation des Rennais.

Le geste douteux d’Iwobi face à Traoré en fin de match

A l’évidence


Bien évidemment, on ne peut pas remettre la défaite du Stade Rennais à l’Emirates Stadium sur des erreurs arbitrales et des décisions douteuses de l’UEFA. Rennes n’a pas su renverser une équipe d’Arsenal trop forte pour elle. Dès la cinquième minute, Aubameyang ouvre le score et est à nouveau décisif sur l’action du deuxième but à la quinzième minute. Les Gunners étaient déjà virtuellement qualifiés. En première période Rennes a été littéralement étouffée par son adversaire, en ne touchant aucun ballon dans la surface adverse. En seconde période, les bretons ont tenté de se montrer plus dangereux, et se sont créés des occasions intéressantes, sans réussir à être décisif. Le troisième but d’Arsenal à la 72e minute enterre définitivement les espoirs rennais de revenir au score.


Un match décevant pour Rennes, qui a raté son rendez-vous historique ?

Les déclarations et le sentiment est quasi-unanime après ce huitième de finale retour d’Europa League : le Stade Rennais n’a pas été à la hauteur et a raté sa possibilité de qualification face à une équipe d’Arsenal largement prenable. Je ne suis pas de cet avis. Les Gunners ont réussi à maîtriser ce match d’une main de fer, ne laissant aucune chance aux attaquants Rennais, restant transparent toute la rencontre, à l’image de Sarr. La marche était tout simplement trop haute. Ce qu’il faut toutefois souligner ce sont les carences dans le jeu d’Arsenal, laissant à de nombreuses reprises des espaces aux Rennais en seconde période, qui malheureusement ont manqué cruellement de technique jeudi soir pour réussir à réduire le score.

Clément Grenier réconfortant Benjamin Bourigeaud suite à la défaite (3-1) face aux Gunners


Cette qualification sonne comme logique pour Arsenal, avec cependant une pointe de soulagement plutôt que de réjouissance. Voilà où se trouve la différence majeure. Pour arriver jusqu’ici, dans cette compétition, pour battre Arsenal à domicile, les Rennais ont joué avec leurs tripes, ont dépassé leurs limites et ont montré qu’ils avaient le mental et qu’ils méritaient leur place en huitième de finale d’Europa League. A l’inverse, pour Arsenal, gagner sa place en quart de finale devait apparaître comme ordinaire, banal, pour une équipe qui s’est arrêtée en demie-finale l’année précédente et qui chaque année apparaît comme un potentiel prétendant au titre.
Cette « Remontada », n’est pas une réelle déception. C’est en réalité un véritable tournant dans l’histoire du stade rennais, et cela laisse la porte ouverte à un possible avenir glorieux pour le club breton. Le parcours réalisé par le petit poucet de la compétition est plus que remarquable. Il y a beaucoup d’équipes en ligue 1 qui convoitent et qui se battent toute l’année pour obtenir un ticket pour l’Europa League, mais une fois qualifiées, elles ne montrent plus l’envie de la jouer. Le Stade Rennais a montré, ce qu’aucun autre club français n’est parvenu à faire en Europa League cette année, de l’envie, une volonté de jouer cette compétition à fond, de rendre fier ses supporters, mais aussi la ligue 1.
Et aujourd’hui plus que jamais, Rennes est fière de son équipe. L’ambiance digne d’une coupe du monde dans les rues de Rennes, des supporters qui refusent de quitter l’Emirates Stadium même plus de trente minutes après la fin du match sont la meilleure façon pour eux de montrer toute cette fierté qu’ils ont pu ressentir. Ce parcours va faire grandir le Stade Rennais, qui n’avait que trop peu goûté au parfum européen dans le passé, et ne peut que promettre un futur radieux pour un club qui va désormais devoir montrer toute l’envie qu’il a de jouer à nouveau cette compétition.

Le Roazhon Park lors du huitième de finale aller Rennes / Arsenal

Ce week-end, alors que le rêve européen vient de prendre fin pour les Bretons, nous ne pouvons que penser aux remarques que Rennes a accumulé toutes ses années, à l’image du « c’est le club le plus insipide qui soit », de Dominique Grimault, en passant par des remarques méprisantes pointant du doigt une certaine médiocrité, un club moyen qui ne gagne jamais rien. Alors, à ce mépris constant, ce parcours en Europa League était la meilleure réponse possible à donner. C’est de l’ambition, de la volonté, une rage de vaincre que Rennes a su montrer cette année, menée par le talentueux Julien Stéphan, sans qui l’aventure n’aurait jamais pu se réaliser de la sorte. Alors, je souhaite à chaque club décrié comme « moyen », critiqué, rabaissé, ne montrant aucune preuve d’ambition, de trouver son Julien Stéphan, de trouver cette envie et de réaliser ce que cette équipe a fait cette année en Europa League, mais surtout ce que Rennes a su dégager pour ses supporters, pour la première fois depuis des années : de la fierté.

Margaux.

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