Zidane et la Science du Timing Parfait

Par Victorien Fragne

« Le contrôle c’est la chose la plus importante qui existe dans le football » Z.Z

Joueur, Zizou, les contrôles ça le connaissait, extérieurs, intérieurs, pied droit, pied gauche, cuisse ou épaules, il savait tous les faire.  

Ce lundi, il nous a montré que cette science du contrôle, du timing parfait, n’était pas réservée qu’au joueur de football, en témoigne la gestion de sa carrière d’entraîneur au Real Madrid. Parti en Juin dernier, il y avait laissé une marque indélébile,  sans rien de plus à prouver, offrant sa 13ème Ligue des Champions au Réal de Madrid et sa troisième consécutive en tant qu’entraîneur. Arrivé en prince, il repartait roi. Il revient aujourd’hui, 9 mois après, et pour nous, au vu des circonstances, cela relève presque du génie.

Un départ avisé

Le départ de Zizou en juin dernier n’était pas uniquement l’œuvre d’un entraîneur satisfait d’avoir tout prouvé, ni le témoignage  d’une œuvre déjà achevée. Au contraire, c’était la prise de conscience qu’il valait mieux partir en étant au sommet et s’éviter l’inexorable descente propre à ceux qui ont jadis touché à l’excellence. Il l’a dit hier dans sa conférence de presse, s’il est parti c’est parce qu’il ressentait au sein de son vestiaire, et ce même après une victoire en Ligue des Champions, que l’équipe avait besoin de changement et même davantage, qu’il sentait que ces succès risquaient de ne pas durer.

Un départ symbolique de Ronaldo, un recrutement décevant et quelques mois plus tard, le temps lui donnait raison puisqu’aujourd’hui, à l’heure de son retour au Real, Zidane prend les rênes d’un Real qui n’a plus rien à gagner.

Retour à la maison donc. Dans ce club qui a fait de lui, non pas seulement l’un des meilleurs joueurs de l’Histoire, mais l’un des meilleurs entraîneurs du monde. Et le voilà qui s’octroie maintenant l’honneur de donner une leçon à nombre de grands entraîneurs restés trop longtemps dans leur club, incapables de se suffire de leur gloire d’antan. Il a évité la pluie et revient pour les beaux jours.

Le timing parfait

En effet, le moment est parfait. Zizou a épargné son image en se dédouanant du déclin du Real cette saison, et revient maintenant pour tout reconstruire. Après la défaite des Merengues en huitième de finale de LDC et un Barca qui a déjà pris le large en championnat, le Real ne peut que se concentrer sur la saison prochaine. Une saison que Zidane va pouvoir aborder sereinement, aussi bien tactiquement que numériquement — dans la mesure où il aura probablement carte blanche sur un recrutement qui s’annonce particulièrement intéressant. Entre Mbappé et Neymar, le PSG risque de devoir se battre pour conserver ses joueurs.

Toutefois, entraîner le Real, même après une arrivée si idéale, n’enlève rien à l’immensité du défi qui se dresse devant Zidane. Il a entre ses mains une équipe de qualité bien différente de celle qu’il avait lorsqu’il dominait la scène européenne. Les joueurs ont pris de l’âge, certains entretiennent des rancœurs avec leur coéquipiers (Bale) tandis que d’autres sont partis.

Bale refusant de célébrer avec ses coéquipiers

Si Zidane, au bord du gouffre, a brillamment évité la chute qui se profilait devant lui en juin dernier, il s’agit maintenant de pouvoir en gravir à nouveau la montagne.

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