PEINE CAPITALE

Paris outragée, Paris brisée, Paris martyrisée et Paris éliminée.

par Victorien Fragne

Mardi, le Réal Madrid chutait, tombant face à une enthousiasmante jeune équipe de l’Ajax, et laissait derrière lui 3 ans de règne incontestable sur la scène européenne.
Mercredi, le PSG chutait, tombant face à une diminuée et peu inspirée équipe de Manchester United et marquait au fer rouge les cicatrices d’un échec européen global pour l’ère Qatarie.

En effet, à la suite d’un match irréel au scénario absurde et invraisemblable Paris a encore une fois failli, et est déjà éliminé de la Ligue des Champions dès les huitièmes de finale, après cette défaite 1-3 au Parc des Princes face aux Red Devils.

Après l’incroyable Remontada (6-1) du Barca en 2017, voilà que 2 ans plus tard le PSG subit un nouveau comeback totalement inexplicable, incohérent, irréel, encore plus humiliant que le précédent.
Fort d’une solide victoire 2-0 à Old Trafford, le PSG avait toutes les cartes en main face à une équipe mancunienne décimée par les blessures et privée des 3/4 de ses titulaires : Paul Pogba, Anthony Martial, Jessie Lingard, Antonio Valencía, Juan Mata ou encore Alexis Sánchez et bien d’autres manquaient à l’appel pour ce match retour qui semblait perdu d’avance pour les hommes de Solksjaer.

Un scénario irréel

Les Parisiens ont eu le don de se rendre la tâche difficile, dans un match qu’ils auraient dû maîtriser, avec une première mi-temps catastrophique porteuse de deux erreurs individuelles tout droit sortie d’un match de district. D’abord Kehrer dès la 2ème minute, sur une hasardeuse passe en retrait pas assez appuyée, puis Buffon à la demi-heure de jeu, le doyen savonnant une frappe lointaine de Rashford permettent à l’attaquant belge, Romelu Lukaku, en renard des surfaces, de donner par deux fois l’avantage aux Red Devils.
Si le premier but mancunien n’avait pas fait flancher les Parisiens et avait été suivi par une belle réaction amenant l’égalisation de Juan Bernat sur une passe de Mbappé (13e), le deuxième, instiguera progressivement une atmosphère de danger permanent, les joueurs Parisiens croulant peu à peu sous le poids des mauvaises expériences passées.

Et pourtant Manchester n’a quasiment rien montré dans ce match, seulement 28% de possession de balle pour 4 tirs, si ce n’est le fait d’avoir cru à l’exploit ! Menés par un Marco Verrati toujours aussi stratosphérique dans ces matchs à grands enjeux, les Parisiens dominent l’entre jeu et ne laissent que très peu d’espace à des mancuniens repliés en défense. Cette domination crée plusieurs occasions, dont ce presque but de Di María, signalé hors-jeu à la 56ème minute, qui lobait De Gea d’un petit piqué après une talonnade de génie du petit prince du Parc. Mbappé, lui-même, aura plusieurs fois manqué le coche au portier mancunien. Notamment à la 84ème minute, bien lancé par Dani Alves, il glisse pour la troisième fois du match lors de son face-à-face avec De Gea en essayant de le dribbler. Bernat, encore une fois bien placé, reprend mais ne peut que toucher le poteau.

Une tragédie Parisienne

Mais dès lors que Manchester avait repris l’avantage à la 30e minute, l’histoire était déjà en marche, comme si rien ne pouvait éloigner le PSG de la déconvenue finale que tout le monde avait en tête mais à laquelle personne ne voulait croire.
Comme si une parole d’Oracle avait prédit la main de Kimpembe à la 92ème minute, une main pourtant pas évidente. Comme si une prophétie devinait déjà l’aide généreuse de la VAR, qui accordera le pénalty aux mancuniens, une VAR pourtant si irréprochable ces derniers temps.
Et comme dans toute tragédie grecque, le héros, ici Parisien, n’échappe pas à son destin, son destin s’appelle Marcus Rashford et il frappe en force, côté gauche.


Du théâtre des rêves au théâtre des cauchemars, les Parisiens viennent de subir une nouvelle défaite historique qui restera gravée dans les mémoires. Le club et les joueurs parviendront-ils à se relever de cette nouvelle humiliation ? Rien n’est moins sûr.


LES SYMPTÔMES DE L’IMPUISSANCE – les raisons d’un fiasco

par Théo Mazars

« Impuissance sexuelle : Incapacité pour un homme d’obtenir ou de maintenir une érection et, de ce fait, d’avoir un rapport sexuel satisfaisant. »

Larousse — Dictionnaire de Français

« Paris ça fait bander quand ils jouent comme ça ». La phrase est d’un étudiant parisien. Elle est balancée comme ça sur Twitter au soir du match aller remporté 0-2 par le PSG.
Oui, Paris ça fait bander, mais pas longtemps.

Tout était pourtant réuni pour que ça marche cette fois-ci. Le restau s’était bien déroulé au premier date: les parisiens avaient des arguments, la foule était séduite. Tout devait se dérouler à merveille. Mais voilà, ça na pas marché. La raison ? Le PSG s’est tellement mis la pression qu’il a finit par oublier quel match il jouait. A trop se représenter les avantages dont il jouissait, il a fini par en faire une vitrine, dont il s’est lui-même exclu. Alors on pourra toujours parler de l’arbitrage, de la chance des mancuniens et des coups du sort défavorable aux parisiens. On le fera pour tenter de se rassurer sur sa capacité à être performant, à aller jusqu’au bout… Mais ce ne sont que des mots. De piètres justifications qui servent à cacher la réalité. Cette impuissance chronique à se détacher de l’apparence, du qu’en dira-t’on ? de la berlue parisienne quand il s’agit de Ligue des Champions. Les Reds Devils ne jouaient rien, Paris jouait tout. Mbappé a montré qu’il était encore un minot, pas prêt à recevoir autant d’éloges, et Tuchel a montré que malgré toute la hype dont aimerait jouir Paris avec le technicien allemand à sa tête, Emery était plus performant. Kimpembe n’y peut rien, mais Kimpembe n’a pas réfléchi, tout engourdi qu’il était par la peur de l’échec. A l’image de ses coéquipiers, tétanisés par l’idée de ne pas aller au bout.

C’est souvent un truc d’ado l’impuissance, un truc qui se règle par lui-même quand on finit par lâcher prise. Mais faut croire que tant que Paris ne jouera que pour une raison, et ne sera dirigé que d’une façon, la coupe de la ligue sera la seule chose à soulever.

3 réflexions sur “PEINE CAPITALE

  1. Je viens de tomber par hasard sur cet article et donc sur le site et franchement c’est du bon boulot, bravo ! Et concernant votre analyse sur la débâcle parisienne, 100% d’accord avec vous : il ne faut pas rêver plus grand, mais rêver autrement !

    Aimé par 1 personne

    1. Salut Cyrus ! Merci pour ton message, ça nous encourage à continuer !

      Pour revenir à ton commentaire, on est d’accord, si cet « autrement » dont tu parles n’a pas lieu, le temps risque d’être bien long pour Nasser et sa troupe, et les remontadas encore plus récurrentes…

      Si par hasard tu penses que nos articles pourraient également plaire à des proches, n’hésite pas à partager le site!

      Au plaisir de te retrouver en commentaire prochainement 🙂

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