Manchester City : “Pride in Battle”

Manchester est aujourd´hui l’une des capitales européennes du ballon rond. Cette ville industrielle du Nord-est de l’Angleterre a toujours été connue pour la puissance de son emblématique club de football Manchester United ; un club qui est considéré encore aujourd´hui comme le plus populaire du monde tant il compte de fans. Pourtant, après la défaite des Red Devils face à Paris à Old Trafford, les espoirs de victoire finale en Ligue des Champions se tournent vers le petit frère bleu ciel. Mais qui sont les Citizens ? Quelle est réellement la place de ce club, nouveau parmi les ultra riches et capable de faire de l’ombre à l’armée rouge ?

Louis Brau, rédacteur pour Le Sens du Jeu nous raconte sur place.

Etihad Stadium – Louis Brau pour Le Sens du Jeu

Manchester est un peu comme Berlin en temps de Guerre Froide, les rouges d’un côté, les bleus de l’autre. Cette comparaison un peu douteuse avec la géopolitique de la seconde partie du 20eme siècle a le mérite de mettre en avant les tensions exacerbées qui existent entre ces deux clubs, auparavant simples voisins et désormais rivaux.

Si je devais résumer l’opinion des supporters de Manchester City, je dirais que les vrais Mancunien supportent les Sky Blues. Manchester City est l’équipe sympathique du quartier, de la ville que l’on aimait supporter autour d’une bière, que l’on aimait allait voir au stade malgré des résultats mi-figues mi-raisins. Manchester United était, à l’inverse, le club de la bourgeoisie Mancunienne et des étrangers en manque de victoires. Pire, Manchester United n’a toujours été qu’une entreprise tournée vers un marketing à but lucratif.

Sur le premier logo du club figurait le mot latin « Labore » (Labeur)

Malgré la mauvaise fois assumée de ces propos, une vérité essentielle en surgit. Manchester City est le club de la classe ouvrière n’ayant, à l’origine, pas les moyens de se payer un billet pour aller voir un match de Premier League. Manchester a été la première ville industrielle du monde, accueillant des centaines de milliers d’ouvriers ; cependant, ce qui faisait autrefois sa force est depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale sa faiblesse avec des taux de chômage records pour cette ville du Nord de l’Angleterre.

Alors que Manchester City évoluait en League One (Troisième division) en 1999 seulement, son rachat en 2008 par un homme d’affaire venu tout droit des Emirats Arabes Unis – avec l’intention de concurrencer les équipes qataris – a fait entrer le club dans une autre dimension. Quatre ans plus tard, les fans de foot et de la Premier League avaient droit à une 38 ème journée d’anthologie… Qui ne se souvient pas que Manchester City, alors premier au classement était dominé 2-1 chez lui par Queen’s Park Rangers à la 92ème minutes faisant de Manchester United le potentiel Champion d’Angleterre. Qui ne se souvient pas de l’égalisation sur corner, toujours synonyme de Seconde place du général d’Edin Dzeko ? Alors que l’on attaque la 94 ème minute, le monstre Aguero a surgi de la nuit pour offrir aux siens et au peuple de l’ombre, aux oubliés de Manchester, un titre qu’ils attendaient depuis 44ans.

Aujourd’hui, lorsque je discute avec les supporters des Citizens, je m’aperçois qu’ils n’ont pas changé. Ce sont toujours ces anglais du Nord, un peu brute de décoffrage qui viennent soutenir le club de leur vie, comme à l’époque et avec la même envie, la même rage, comme si leur vie en dépendait.

Les frères Gallagher, fondateurs du groupe de rock Oasis

Rebecca, une mancunienne au cœur bleu ciel, témoignait de l’amour de ses proches pour ce club et la pression qu’elle avait l’impression de subir durant son enfance : « Moi quand j’étais petite, je devais aimer tout ce qui était bleu. Je refusais que ma maman m’achète quelque chose de rouge parce que je savais que mon papi serait déçu… je n’avais pas conscience alors ni de la rivalité sportive ni sociale entre les deux clubs mais c’est comme ça. J’ai grandi avec une peluche de « Moonbeam » (la mascotte) qui m’accompagnait partout. Et aujourd’hui, mon cœur est bleu, je ne peux pas l’expliquer.

Avec le temps et son changement de dimension, Manchester City a changé de maison. Ainsi, l’authentique stade anglais de Maine Road a laissé place à un stade construit pour les compétition Européenne : l’Etihad Stadium. Les supporters évoquent tous avec nostalgie l’époque où ils jouaient dans le centre du côté de Rusholme, entre les quartiers immigrés indiens et les petites maisons de briques construites pour les ouvriers et leur famille. Aujourd’hui, leur immense stade (55000 places) peine à se remplir tous les week-ends malgré l’affluence des touristes essentiellement européens et
asiatiques.

Le club est monté en standing mais les supporters sont restés les mêmes. Ce sont des travailleurs des classes populaires de Manchester qui se fondent avec parcimoniei avec les touristes. Mais que l’on ne s’y trompe pas, à la moindre accélération de Sané, au moindre drible de Sterling et au moindre tir d’Aguero, ces Mancuniens, ceux de l’autre Manchester, sont prêts à s’enflammer. A l’heure où ils ont l’un des plus grands génies de ce sport sur leur banc, après avoir conquis leur ville et leur pays en 2012, les Citizens et
leurs supporters regardent vers l’Europe. Et avec leur victoire sur le terrain de Schalke, ils ont confirmé qu’ils étaient l’équipe de sa majesté la mieux armée pour aller décrocher le graal.

“Blue moon,
You saw me standing alone,
Without a dream in my heart,
Without a love of my own…”

Louis BRAU

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