L’héritage de Ferguson à Manchester United, sujet plus délicat que chez les Halliday…

Plus rien n’arrête Manchester United : vendredi dernier les hommes de Ole Gunnar Solskjaer ont éliminé Arsenal de la FA Cup sur la pelouse de l’Emirates Stadium.

Retour en bref


L’ancien pensionnaire des Gunners, Alexis Sanchez, ouvre les hostilités, prolongés par Jesse « Jackson » Lingard, transformant, l’espace de sa célébration, le stade en piste de moonwalk, et Anthony Martial mettant le feu aux poudres en inscrivant le but de crucifixion des canonniers londoniens.

Et voilà qui achève une huitième victoire consécutive pour le coach norvégien depuis sa prise de fonction chez les Red Devils (seuls véritables Diables rouges de la planète football), un record.
Reprendre les rênes, derrière Jose « The Special One » Mourinho, n’était pas une mince affaire : 6ème à 19 points du leader, un vestiaire sous tension, pas de XI titulaire, , une défense aux abois à chaque confrontation, le talent et l’intuition de Pogba restés en Russie, un Lukaku s’approchant du double quintal, un Alexis Sanchez meilleur au piano dans sa vidéo de présentation que sur le terrain (2 buts en 1 an)…
La liste était longue, le gouffre semblait trop profond.

Les Racines du Mal

Lorsque le mythique Sir Alex Ferguson tire sa révérence en offrant un vingtième titre de champion d’Angleterre aux hommes d’Old Trafford en 2013, de beaux jours sont annoncés et espérés.

The « chosen one », c’est ainsi qu’est présenté l’héritier de Ferguson : David Moyes, écossais, lui aussi. D’ailleurs, c’est sûrement l’unique critère retenu dans une logique qui relève de la dynastie, au vu de sa saison mitigée à Everton.
Néanmoins, ses origines ne suffiront pas à le sauver ; ne parvenant pas à s’imposer, le club s’en sépare sans même qu’il puisse terminer la saison. Man U finit à la 7ème place de la BPL.
Louis Van Gaal lui succède après une coupe du monde très réussie à la tête des Pays-Bas. Il ne pourra pas compter sur le rempilage des légendes Ryan Giggs, Nemanja Vidic, Rio Ferdinand et Patrice Evra, en fin de carrière ou contrats.
Club devenu le plus riche au monde, notamment en signant de juteux contrats de sponsoring, le tacticien néerlandais dispose d’un budget exceptionnel : il s’attache les services de Ander Herrera, Luke Shaw, Angel Di Maria, Daley Blind, Radamael Falcao, Memphis Depay, Matteo Darmian, Morgan Schneiderlin, Bastian Schweisteinger et Anthony Martial pour des montants astronomiques.
Manchester United est sur tous les coups, prêt à faire des folies, cité dans chaque billet de Foot Mercato.
Cette stratégie ne paie toutefois pas, la plupart de ces « coups » se sont avérés être des flops, tout comme le sont les résultats du club. Van Gaal est limogé.
Alors qui maintenant ? Qui pour rebâtir les ruines de ce vieil empire glorieux ? Qui pour refaire pousser les cornes des Red Devils? Qui pour faire vibrer le théâtre des rêves ?

Man U fait sa « mou »


C’est la pire adéquation possible entre les valeurs d’un club « forged in industry » et l’entraîneur le plus bling-bling (« mais qui a la culture de la gagne » eh oui) qui soit.

Oui, Mourinho. Ce même José Mourinho, arrogant, orgueilleux, polémique, véritable mercenaire porté sur le court-terme alors que les fans attendent l’héritier de Fergie ? Ce même José Mourinho, provoquant des conflits en cascades dont notamment le départ du Real Madrid de l’un des meilleurs gardiens de l’histoire du football, en la personne d’Iker Casillas ? Ce même Mourinho, désigné par un « son of a b*tch » dans Manchester Rule l’un des chants les plus populaires dans les travées d’Old Trafford ?

Non…impossible… on croit rêver… mais c’est pourtant acté.

C’est la pire adéquation possible entre les valeurs d’un club « forged in industry » et l’entraîneur le plus bling-bling (« mais qui a la culture de la gagne » eh oui) qui soit.

Quelques saisons et trophées plus tard, dont notamment celui de l’Europa League, les supporters se déchirent sur cette question atrocement binaire : « Mourinho In » ou « Mourinho Out » ?

Le style de jeu proposé est laborieux, soporifique, à des années lumières du pétillant, du liant et de l’offensif attendu par tout fan de football.

Pourtant, lorsqu’on se penche sur les statistiques, c’est bien 60,3 % de victoires en tant qu’entraîneur des Red Devils pour Mou contre 59,7 % pour Ferguson. Mais il faut être bien innocent pour ne faire parler que des chiffres.

L’objectif qui était, sous Ferguson, (et souvent rempli) de gagner la Premier League ainsi que d’atteindre le carré final de la Ligue des Champions, est passé, avec le coach lusitanien, à un simple espoir de truster le top four anglais et espérer une qualification pour la C1.

Après l’élimination de son équipe en huitièmes de finale de Champions League, la saison passée, celui-ci a quand même osé tonner : « On ne va pas en faire un drame… Je suis venu à Manchester avec Porto, United a été éliminé. Je suis venu avec le Real Madrid, United a été éliminé. Donc, je ne pense pas que ce soit quelque chose de nouveau pour le club ».

Un énième mauvais départ cette saison, un vestiaire dont il a perdu le contrôle : la porte de sortie est plus que jamais désignée, dessinée et désirée par les fans et la presse. Cette dynamique est renforcée par la disponibilité de Zizou, ainsi que sa présence outre-manche et les déclarations à ses proches.

Pourtant, les dirigeants mancuniens ne semblent pas céder et on imagine alors fatalement que Mourinho finira la saison.

Et le camp du « mourinhout » a triomphé

C’est finalement la grande Histoire qui a triomphé sur la petite, les valeurs du club ont submergés la tendance : Mourinho est remercié et part avec un joli chèque. ManU annonce alors qu’un coach intérimaire sera désigné pour cette saiso, le temps de prospecter pour trouver celui qui relancera Paul Pogba et ses coéquipiers la saison prochaine.

Pour l’instant, c’est Ole Gunnar Solskjaer, aka Babyface Killer, qui assure cette période de transition, prêté par son club norvégien de Molde. C’est un retour aux sources pour l’ancien Supersub, fournisseur de buts précieux, notamment celui de la victoire contre le Bayern de Munich en finale de C1 en 99. On

Dès le premier match sous ses ordres, une révolution s’opère sous les yeux des supporters, cernés depuis plus de 5 ans : 5 buts. Un Paul Pogba en état de grâce, des jeunes prometteurs transformés en jeunes pépites, une charnière défensive très costaud, une envie évidente de taper le cuir. Bon c’est Cardiff, certes, on attend de voir la suite. On la connaît désormais : 8 victoires sur 8 matchs (avant le nul face à Burnley mardi soir), dont notamment une victoire sur la pelouse de Tottenham.

C’est une équipe qui gagne, qui marque, qui encaisse peu, qui va mieux, qui va bien, qui monte en puissance.

Les joueurs affichent de grands sourires sur et en dehors du terrain, meilleur indicateur de santé sportive et mentale d’un groupe.

Même Lukaku et Sanchez, abondamment et justement critiqués depuis des mois, semblent retrouver du poil de la bête, avec notamment le titre d’homme du match décerné pour le premier et un but pour le second face à Arsenal.

OGS insuffle un vent de fraîcheur qui fait du bien aux joueurs, aux supporters, et qui redore enfin le blason du club.

Renouer avec l’Histoire

Le sauvetage des grandes écuries européennes, qui faisait les beaux jours de la Ligue des Champions de la première décennie de ce siècle nouveau, est un enjeu délicat.

Ce que Gattuso ne parvient pas à faire avec l’AC Milan, Solskjaer lui est en bonne voie de le réaliser.

Une poussée de croissance surprenante des épaules de ce dernier, devenant de sérieuses prétendantes au costume, sur-mesure pourtant, de Ferguson.

Une épreuve de taille se dresse devant le norvégien : le Paris-Saint-Germain.

Charlie Watson

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