En équilibre sur un fil tendu entre deux néants

Dans la soirée de lundi à Mardi, aux alentours de 20h, l’avion de tourisme qui transportait le joueur argentin, Emiliano Sala, de l’aéroport de Nantes à Cardiff a disparu des radars. Nous avons appris hier, en même temps que le monde découvrait la nouvelle, que l’appareil n’avait toujours pas été retrouvé. Cela fait maintenant plus de 24 heures. Si des hommages à l’Homme et au joueur qu’il est sont déjà parus, par respect pour Sala et sa famille, et pour ne pas trahir notre espérance tenace, nous n’écrivons pas ici nos oraisons pour le joueur argentin.

Le cousin éloigné

Le football est un plaisir commun, celui qui réunit le mieux, le plus. Alors, dans ces instants extrêmes où nous retenons tous notre souffle ensemble, il est normal que nous partagions aussi la même anxiété. Parce que lorsqu’il marquait sous le maillot canari (au passé, car depuis cette semaine, il est un joueur de Cardiff), Sala donnait la même joie aux supporters de la Beaujoire. Il entrait un peu plus dans leurs intimités. Un joueur de foot, c’est comme un ami imaginaire, il ne nous réponds jamais, mais on finit toujours par croire qu’il nous connaît et qu’on le connaît. Alors aujourd’hui, nous avons tous un peu la même sensation. Comme si Sala, était un peu notre cousin éloigné à tous.

L’espoir

Non, Emiliano Sala n’est pas encore décédé. Nous voulons croire, aussi folle que puisse sembler notre espérance à tous, qu’il ne l’est pas. Nous voulons le croire avant tout parce qu’il en va de la morale, on ne peut pas enterrer un homme tant qu’une chance infime continue de retenir son souffle. Et puis nous voulons le croire parce que c’est Sala. Parce que c’est un guerrier, qu’humainement et sur le pré, c’est son trop plein de générosité qui le caractérise. Il n’est pas le plus doué, mais il ne renonce jamais. C’est le premier défenseur de son équipe, celui qui gêne, embête, se bat jusqu’à épuisement sur le terrain. Parce qu’il sait d’où il vient et que se relever est une chose profondément ancrée en lui. Alors nous continuerons à croire, jusqu’à ce que le fil auquel nous sommes suspendus se brise. Même si ce fil ne repose plus sur rien, que l’espoir est devenu entêtement et la réalité insupportable, quelque part nous continuerons tous à espérer. Parce qu’au fond, ce qui nous touche tous chez Sala, ce n’est pas seulement ce qu’il est (et ici je tiens à souligner que nous nous associons également dans notre peine à sa famille qui elle, a peur pour l’homme avant toute chose), mais ce qu’il représente. Et ses symboles, rien ne sauraient les abîmer.

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